Fatigue chronique, dépression : et si l’alimentation jouait un rôle ?

Cet article fait partie d’une série sur le travail du docteur Seignalet que vous pouvez retrouver ICI.

La dépression endogène et le syndrome de fatigue chronique résistent souvent aux traitements conventionnels. Le docteur Seignalet propose une lecture originale : le cerveau, comme n’importe quel tissu, peut s’encrasser. Et l’alimentation en est souvent la cause.

La dépression et la fatigue chronique sont deux pathologies qui touchent des millions de personnes. Deux pathologies mal comprises, mal traitées, et souvent mal vécues par ceux qui en souffrent. Car elles sont invisibles. Les examens biologiques reviennent normaux. Les proches doutent parfois. Et les traitements ne résolvent pas toujours le problème en profondeur.

Jean Seignalet a consacré un chapitre entier de son ouvrage à la pathologie d’encrassage en neuropsychiatrie. Son hypothèse est celle-ci : le cerveau n’est pas seulement le siège de la pensée. C’est aussi un organe qui peut s’encrasser. Et quand ses cellules dysfonctionnent sous l’effet de molécules venues d’un intestin trop perméable, les conséquences sont neurologiques, psychiatriques, et profondes.

Le cerveau, un organe comme les autres

On a longtemps cru que le cerveau était protégé de tout encrassage par la barrière hémato-encéphalique. C’est vrai en partie. Mais cette barrière n’est pas absolue. Certaines molécules de petite taille la franchissent. D’autres perturbent indirectement le fonctionnement neuronal en agissant sur les astrocytes, les cellules de soutien des neurones.

Les astrocytes jouent un rôle fondamental. Ils fournissent le glucose aux neurones, régulent l’activité des synapses, et communiquent avec les neurones via des flux ioniques et des neurotransmetteurs. Quand les astrocytes s’encrassent, c’est toute la communication neuronale qui se dégrade.

Or les molécules issues d’un intestin perméable circulent dans le sang. Certaines d’entre elles ont une affinité pour les tissus lipidiques. Le cerveau, constitué à 60 % de graisses, en est un. C’est pourquoi Seignalet y voit une cible privilégiée de l’encrassage systémique.

La dépression endogène : une souffrance cérébrale réelle

Ce que la médecine conventionnelle observe

La dépression nerveuse endogène se distingue de la dépression réactionnelle. Elle ne survient pas en réponse à un événement difficile. Elle s’installe sans raison apparente, chez des personnes qui ont parfois tout pour être heureuses. Ses principaux symptômes sont la fatigue physique et intellectuelle, l’insomnie, la tristesse profonde, la perte d’intérêt, les angoisses, et parfois une impression de souffrance cérébrale difficile à décrire.

Les antidépresseurs apportent souvent un soulagement partiel. Pourtant, les chiffres de Seignalet sont sévères : un cinquième seulement des patients parviennent à une guérison définitive. Trois cinquièmes alternent phases de crise et rémissions. Un cinquième ne guérit pas. La raison principale de ces résultats décevants, selon lui, est que les médicaments agissent sur les symptômes sans s’attaquer à la cause.

L’hypothèse de l’encrassage neuronal

L’imagerie médicale ne montre pas de lésions dans la dépression endogène. En revanche, elle révèle des troubles métaboliques : réduction du débit sanguin et du métabolisme du glucose dans le cortex limbique et préfrontal. Ces zones sont précisément celles qui régulent les émotions et la cognition.

Seignalet y voit le signe d’un dysfonctionnement cellulaire, et non d’une lésion irréversible. Les neurones et les astrocytes de ces zones souffrent. Ils travaillent moins bien. Leur encrassage par des molécules venues d’un intestin perméable, qu’il s’agisse de fragments alimentaires mal dégradés ou de substances bactériennes, pourrait en être la cause.

Il note aussi que la fréquence de la dépression varie considérablement d’un pays à l’autre, dans un rapport de 1 à 60. Les Néo-Zélandais sont touchés 48 fois plus souvent que les Japonais. Or l’alimentation est l’un des rares facteurs qui change autant d’un pays à l’autre. Cet indice épidémiologique ne prouve rien, mais il oriente.

Les résultats cliniques de Seignalet

Seignalet a appliqué le régime de type ancestral à 30 patients atteints de dépression endogène. Tous avaient suivi ou suivaient des traitements médicamenteux. Cinq ont été améliorés d’environ 75 %. Les 25 autres ont atteint une rémission complète. Le délai d’amélioration variait de quelques semaines à quelques mois.

Ces patients décrivent leur retour à la santé dans des termes éloquents. L’un d’eux témoigne ainsi : une impression de nettoyage de l’esprit et du corps, comme si j’étais ressuscitée. Ces résultats, bien que non issus d’essais cliniques randomisés, constituent un faisceau d’indices cliniques difficile à ignorer.

Le syndrome de fatigue chronique : quand l’énergie s’effondre

Une maladie réelle, longtemps niée

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est une pathologie sérieuse, reconnue officiellement depuis 1987. Pour en poser le diagnostic, plusieurs critères doivent être réunis : une fatigue d’installation rapide, présente depuis plus de six mois, à la fois physique et intellectuelle, non améliorée par le repos, réduisant d’au moins 50 % les capacités d’action du patient, sans cause médicale ou psychiatrique identifiée.

Y s’ajoutent fréquemment des douleurs musculaires et articulaires, des troubles du sommeil, des céphalées, des troubles digestifs, des difficultés de concentration et de mémoire. Cette pathologie touche trois femmes pour un homme. Son pronostic est sévère : les symptômes persistent à long terme chez 90 % des patients.

La lecture de Seignalet : une réponse immunitaire qui ne s’arrête pas

Pour Seignalet, le SFC n’est pas une dépression déguisée. Les patients ne sont pas découragés. Ils veulent reprendre leur vie, mais ils ne peuvent pas. La distinction est fondamentale. Et elle explique pourquoi les antidépresseurs et la psychothérapie n’apportent aucun bénéfice dans cette pathologie.

Son hypothèse est différente de celle de l’encrassage pur. Il pense que le SFC est la conséquence d’une réponse immunitaire déclenchée par un agent infectieux, qui au lieu de s’arrêter après quelques semaines, persiste indéfiniment. Cette réponse immunitaire chronique consomme une quantité considérable d’énergie, ce qui explique l’épuisement permanent.

Le SFC est l’une des rares pathologies où Seignalet reconnaît lui-même des résultats partiels et parfois décevants avec le régime hypotoxique. En revanche, il note une amélioration nette chez plusieurs patients, et considère que la tentative reste justifiée.

La fibromyalgie : quand les cellules souffrent sans lésion visible

La fibromyalgie mérite une mention dans cet article, car elle partage avec la dépression endogène et la fatigue chronique cette caractéristique : les examens biologiques sont normaux ou subnormaux, et les patients sont souvent mal compris de leur entourage, voire de leurs médecins.

Seignalet la classe dans les maladies d’encrassage de type 4 : la cellule souffre. Les cellules musculaires et nerveuses ne sont pas détruites. Elles ne produisent pas de molécules anormales. Mais elles souffrent, parce que leur fonctionnement est perturbé par des molécules de déchets accumulées. C’est pourquoi la douleur est réelle, intense, mais sans substrat lésionnel visible à l’imagerie.

Ses résultats avec le régime hypotoxique dans la fibromyalgie sont parmi les plus significatifs de son ouvrage, avec des rémissions complètes ou très significatives dans la majorité des cas traités.

La lecture hygiéniste : cerveau et terrain

En naturopathie hygiéniste, ces pathologies s’inscrivent dans une lecture globale du terrain. Le cerveau n’est pas séparé du reste de l’organisme. Il est irrigué par le même sang, nourri par les mêmes cellules intestinales, exposé aux mêmes molécules circulantes.

Un intestin perméable, un foie en surcharge, des émonctoires débordés : autant de facteurs qui laissent circuler des molécules susceptibles d’atteindre le tissu nerveux. En revanche, un terrain assaini progressivement, via l’alimentation, le soutien des émonctoires et la réduction du stress, peut permettre une amélioration notable même dans des pathologies considérées comme chroniques et incurables.

Cette approche est strictement complémentaire du suivi psychiatrique ou médical. Elle ne se substitue à aucun traitement en cours. Elle agit en amont et en parallèle, sur les causes profondes plutôt que sur les symptômes.

Conclusion

Dépression endogène, syndrome de fatigue chronique, fibromyalgie : trois pathologies qui semblent sans rapport avec l’alimentation. Pourtant, Seignalet les relie toutes à un mécanisme commun : l’encrassage ou le dysfonctionnement des cellules nerveuses, nourri par des molécules venues d’un intestin fragilisé. Ses résultats cliniques, obtenus sur des années de pratique, méritent d’être pris au sérieux.

En naturopathie, explorer le terrain de ces patients, c’est souvent découvrir un intestin fragile, un foie en surcharge, un microbiote déséquilibré. Et agir sur ces causes, c’est parfois rendre au système nerveux les conditions dont il a besoin pour retrouver son équilibre. Vous souffrez de fatigue chronique, de dépression résistante ou de fibromyalgie et souhaitez explorer l’impact de votre terrain sur votre état de santé ? Prenez rendez-vous pour un bilan naturopathique personnalisé.

SOURCES

Seignalet, J. L’alimentation ou la troisième médecine, 5e édition. Éditions François-Xavier de Guibert. Chap. 20.